PRALIMAP INES

Présentation de l'étude

PRALIMAP-INES (Promotion de l'ALIMentation et de l’Activité Physique – INEgalités de Santé)

À la suite de PRALIMAP, l’essai PRALIMAP-INÈS, essai de recherche interventionnelle a été mis en œuvre afin de tenter ne pas aggraver les inégalités sociales grâce à une intervention adaptée à la population d’adolescents en situation de surpoids ou d’obésité issus de milieux sociaux moins favorisés. Cet essai a démarré en septembre 2012 dans le département des Vosges. Il était basé sur le principe de l’universalisme proportionné. Son but était de tester si une stratégie de prise en charge adaptée INÈS pour les adolescents de milieux sociaux moins favorisés avait un effet équivalent à une stratégie de prise en charge standard PRALIMAP pour les milieux sociaux favorisés sur la réduction de l’excès de poids.

L’intervention INÈS s’est intéressée aux contraintes induites par un contexte socialement défavorisé en proposant un accompagnement spécifique adapté pour les plus défavorisés (composé d’une sollicitation renforcée de l’adolescent et de sa famille, de réunions de concertation pluridisciplinaire, d’aides financières pour la pratique de l’activité physique, d’un annuaire répertoriant les associations sportives et aides financières, d’entretiens motivationnels, d’un entretien individuel d’accompagnement au changement en activité physique, de séances d’éducation par les pairs, de défis sur un réseau social, d’ateliers alimentation et si besoin d’une prise en charge dans un centre spécialisé de l’obésité et de l’orientation vers des structures relais) auquel s’est ajouté une stratégie innovante basée sur une action coordonnée à plusieurs niveaux : le système scolaire et les trois niveaux de soins définis par le Plan d'Obésité : le médecin généraliste (niveau 1), l’équipe mobile de professionnels de la santé intervenant dans le milieu scolaire, des spécialistes locaux (niveau 2) et un centre d'obésité spécialisé (CSO) (niveau 3).

Des bilans de santé sont organisés en fin d’année scolaire et à deux ans. Au total, 1419 adolescents ont été inclus dans l’essai. Un bilan de santé comprenant le dépistage du surpoids/de l’obésité était organisée en chaque début d’année scolaire et permettait de définir les comportements de santé ainsi que le statut social « Favorisé » ou « Moins favorisé ».

PRALIMAP-INÈS a mis en évidence des difficultés de prise en charge des adolescents socialement moins favorisés en situation d’obésité (IOTF> = 30 kg / M2) et les adolescents en situation d’obésité sévère (IOTF> = 35 kg / M2), dont certains n’étaient pas suivis par le système de soins et pour lesquels de grandes difficultés (médicales, psychologiques, culturelles et sociales) ont dû être surmontées et ont demandé une attention toute particulière et adaptée.

PRALIMAP-INÈS s'est révélé adéquate pour les adolescents en surpoids (IOTF entre 25 et 30kg / m2 à 18). Une réduction du gradient social a été obtenue avec un effet sur le BMI Z-score (nombre d’écart-type à la moyenne des personnes de même genre et de même âge) avec une évolution favorable de façon équivalente chez les garçons défavorisés et de façon supérieure chez les filles défavorisées et un même effet sur les indicateurs nutritionnels avec des variations équivalentes.

Plusieurs porteurs de projet se sont associés pour sa mise en place : le Cnam-Istna, l’Université de Lorraine (APEMAC), le CHRU-CIC de Nancy et le Rectorat de l’académie Nancy-Metz. Le protocole et les résultats de l’essai ont été publiés dans des revues internationales ou en cours de publication.